Un sapin chez les Ivanov

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d’Alexandre Vvedenski
Traduction André Markowicz        
Mise en scène Agnès Bourgeois 
Scénographie Didier Payen  
Costumes / Masques Laurence Forbin   
Lumières Sébastien Combes 
Video Jean Dauriac
Musique Frédéric Minière et Guillaume Laîné
avec Valérie Blanchon - Corinne Fischer - Nathan Jacquard - Muranyi Kovacs - 
Guillaume Laîné - Jean-François Lapalus - Nolwenn Le Du - Frédéric Minière


photos ST ETIENNE 2008 192«Le temps a mangé les événements. Il n’en est même pas resté les noyaux. »

L’action se passe dans les années 1890. Nous sommes dans une vaste maison bourgeoise pleine d’enfants, âgés de un à quatre vingt deux ans. Le plus petit s’interroge sur le sens de la vie, et tous attendent comme une révélation la vision du sapin illuminé. Dans la forêt, des bûcherons s’affairent. Ils doivent couper et livrer le sapin. Les animaux, tapis, attendent leur départ pour retrouver le calme et revenir nous parler du temps. Tout commence à 21 h la veille de noël. En quelques heures, beaucoup de destins basculeront, et le lendemain à 19h tout sera terminé. Fasciné par le motif du temps, Alexandre Vvedenski, poète et dramaturge russe né en 1904, plonge ses personnages dans un état infernal, un absurde où rien ne saurait être définitif, pas même la mort.

 

«Un Sapin chez les Ivanov» est un texte d’une étrange force poétique, dont il ne faut pas lever tous les mystères. Si Agnès Bourgeois a choisi  de le mettre en scène, c’est parce que la démarche qui animait son auteur et ses comparses au sein du groupe Obériou trouve un puissant écho dans sa façon de questionner le langage théâtral.

 

photos ST ETIENNE 2008 174

Le théâtre des Obériouty (extrait du manifeste Oberiou) […] Le sujet d’une représentation théâtrale est théâtral, tout comme le sujet d’une œuvre musicale est musical.Ils représentent tous une seule chose, le monde des phénomènes, mais, en fonction du matériau, ils transmettent celui-ci de manières différentes, chacun à sa façon. En venant chez nous, oubliez tout ce que vous êtes habitués à voir dans les théâtres. Beaucoup de choses vous paraîtront peut-être absurdes. Nous prenons un sujet dramaturgique. Au début, il se développe simplement, puis il est soudain interrompu par des éléments accessoires, semble-t-il, et de toute évidence absurdes. Vous vous étonnez. Vous cherchez à trouver ces lois habituelles, logiques, que vous croyez voir dans la vie. Mais elles sont absentes. Pourquoi? Mais parce que l’objet et le phénomène, transposés de la vie sur scène, perdent les lois qui les régissent dans la «vie» et en acquièrent d’autres, théâtrales celles-ci. Nous n’allons pas les expliquer. Afin de comprendre les lois qui régissent une représentation théâtrale, il faut voir celle-ci. Nous pouvons seulement dire que notre objectif est de donner sur scène le monde des objets concrets dans leurs relations réciproques et dans leurs collisions. […]

 

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"Vvedenski (extrême gauche de notre association) éparpille l’action en morceaux,
mais l’action n’en perd pas pour autant la loi créatrice qui la gouverne.
Si l’on déchiffre jusqu’au bout, nous aurons comme résultat une apparence de non-sens.
Il faut être un peu plus curieux et ne pas avoir la paresse d’étudier la collision des sens verbaux.


Création en octobre 2008 à la Comédie de Saint-Etienne 
Du 14 au 22 janvier 2010 - Nouveau théâtre de MontreuilDSCN6303
centre dramatique national.
Production Terrain de Jeu en coproduction 
avec la Comédie de Saint-Etienne - centre dramatique national 
et le soutien de la Région Île de France. 
Administration : Vincent Larmet Diffusion : Isabelle Patain
Crédit photos : David Schaffer

					
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